
 Le
Bassin aux nymphéas (harmonie rose) 1900 90 x 100cm - Musée
d'Orsay, Paris
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Dès l'entrée de l'exposition, l'on découvre un
ensemble de toiles consacrées à Giverny (1900-1902).
C'est ici où le peintre vit, travaille, expérimente et développe
sa technique, mûrit sa réflexion. C'est ici que les
toiles commencées ailleurs - Londres (1899 - 1901), Venise
(1908)....... que l'on découvre par la suite - seront terminées
après coup en atelier dans leur très grande majorité.
Peu de toiles, en effet, seront terminées in situ.
 Monet
dans son premier atelier, novembre 1913 Photo publiée dans
Je Sais Tout, le 14 janvier 1914
Ce premier ensemble réunit des toiles aux couleurs vives, "ensoleillées"
même, presque photographiques par rapport à celles qui
vont suivre - le chemin, bordé de fleurs et dominé par
une pergola de rosiers, qui mène à la maison, le bassin
aux nymphéas de l'autre côté de la route et de la
voie de chemin de fer qui traversent la propriété, le
pont japonais, les iris et le saule pleureur. Les reflets dans l'eau éclatent
en surface.
Véritables outils de réflexion et
de travail qui seront le sujet d'environ encore 300 toiles à
partir de 1900, parmi elles les grands Nymphéas qui
seront l'apothéose de sa carrière, ces deux jardins,
floral et aquatique, seront l'objet d'une attention particulière
et constante de la part du peintre horticulteur tout au long de sa
vie. (Certains critiques d'art reprochèrent à Monet de
lire davantage les catalogues horticoles que les revues artistiques).
Le potager, les baies et les arbres fruitiers avaient déjà
fait place à des milliers de fleurs, bulbes et plantes
fleuries. Une serre érigée plus tard au bord de l'allée
centrale permettra de commencer plus tôt les semis et de protéger
des rigueurs de l'hiver, les nymphéas retirés du bassin à
la fin de l'automne.
Monet exploita avec habilité
les cycles de floraison afin de créer une infinie variété
de couleurs, de lumières et de textures, proches de ses propres
peintures. Aussi changeait-il l'apparence du jardin d'une année
sur l'autre en ajoutant ou en retirant différentes variétés
de fleurs.
En 1901, il acheta une parcelle de terrain lui
permettant de tripler la surface du bassin, portée ainsi à
1000 mètres carrés. En 1905, le pont japonais fut
surmonté d'une treille, vite envahie par la glycine, et en 1910
les contours du bassin furent redessinés pour les rendre plus
souples. Les premiers Nymphéas furent présentés
au public lors de la première exposition Monet du siècle,
inaugurée le 22 novembre 1900 à la galerie Durand-Ruel à
Paris.
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