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" Horizons partagés "! Cette belle expression qui rappelle la phrase de Saint-Exupéry: " Aimer, ce nest pas se regarder lun lautre, cest regarder ensemble dans la même direction ", semble quelque peu idéalisée pour ce mariage de raison et dintérêt où la France neut pas toujours le beau rôle. Pour un Champollion, pour un Mariette, sauveur du patrimoine égyptien à la tête du Service des Antiquités de lEgypte, que de soudards qui, en 1801 revinrent des bords du Nil avec leur courte honte et une dysenterie tenace, que dactionnaires rapaces de la Compagnie du Canal de Suez qui senrichirent du labeur éreintant et parfois mortel des fellahs égyptiens, que de va-t-en-guerre qui en 1956, pour sauvegarder leurs actions dans cette même compagnie, furent prêts à risquer la paix du monde alors si fragile! Quant à légyptologie elle-même, sil est vrai quelle fut fondée par un français, Champollion, noublions pas quelle a été construite autant, sinon plus, par des savants anglais, allemands, américains ou italiens que par de beaux esprits formés sur les rives de la Seine. Après tout, la meilleure grammaire de légyptien ancien est loeuvre dun Anglais, et le meilleur dictionnaire celle dun Allemand. Légyptologie est une science internationale et aucun pays ne peut prétendre tirer à lui la couverture. La civilisation pharaonique reste le patrimoine indivis de lhumanité tout entière. Nallons pas pour autant bouder notre plaisir devant cette belle occasion de redécouvrir lart égyptien. Parmi les excellentes initiatives de cette célébration, saluons notamment deux émissions de la chaîne franco-allemande Arte, diffusées à la suite le dimanche 14 décembre 1997, mais qui sont disponibles sur cassettes vidéo. Les Héritiers de Champollion, un documentaire dYves de Peretti, sintéresse en parallèle au travail de rénovation du Département des Antiquités Egyptiennes du Musée du Louvre et aux fouilles en cours par les équipes darchéologues français sur le terrain. Les allers-retours incessants et parfois peu circonstanciés peuvent dérouter au début, mais il vaut la peine de sen accommoder car on rencontre des spécialistes qui savent communiquer leur passion et on reçoit enfin des informations de première main, ce qui fait défaut dans la plupart des documentaires de ce genre.Où verrez-vous le piteux état de la tombe du plus glorieux des pharaons, Ramsès le Grand, et apprendrez-vous les espoirs que suscite son prochain déblaiement? Où pourrez-vous assister à louverture des magasins de stockage de fouilles en présence dofficiels égyptiens, que les autres reportages snobent immanquablement alors que cette petite cérémonie en dit long sur laptitude de lEgypte moderne à prendre en mains son patrimoine? Et gardons pour la fin ce mot délicieux glané par Yves de Peretti lors dun micro-trottoir parmi le petit peuple du Caire: " Champollion?... Ah! Oui! Champollion Bonaparte ! " Tout autre, mais pleinement complémentaire
est le document de Philippe Truffault, Les Secrets du Nil, qui
présente une sélection de 22 pièces maîtresses
des nouvelles salles égyptiennes du Louvre. Ici la présentation
chronologique, le commentaire sobre et précis en voix off, la
qualité de limage composent un ensemble très
classique, dune grande qualité esthétique.
Quelques détails faussement négligés parachèvent
lélégance de lémission: un doigt qui
paraît épousseter lor de la triade divine dOsorkon
indique la petite taille de lobjet, des éclairages qui
semblent vaciller montrent la finesse du grain dune stèle.
La collection présentée, à côté de
quelques incontournables comme la Stèle du Roi-Serpent (3300
av. J. C.) ou la Tête de Princesse amarnienne (1350 av. J. C.),
inclut certains objets qui, pour navoir pas la notoriété
des précédents, nen possède pas moins un
grand intérêt archéologique. Une place importante
est laissée aux pièces coptes, qui disposeront de deux
grandes salles de lancienne Ecole du Louvre dans le musée
rénové. |
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