Art and Archaeology News
You are in:  Home > Art > News   •  Archives   •  send page to a friend

Art Volé : Les autorités Françaises sur la sellette

Par Andrew Jack

lettrineARIS, 19 février 1997 - Un écrivain, qui vient de compléter des recherches sur le sort d'oeuvres d'art confisquées aux Juifs en France pendant la deuxième guerre mondiale, a critiqué le manque de volonté du Gouvernement pour retrouver les ayant-droit.

Parlant lors d'un séminaire sur la spoliation de propriété organisé par le Centre Simon Wiesenthal à Paris fin janvier, M. Hector Féliciano a affirmé que l'initiative de l'Etat de rendre disponible sur l'Internet une liste de tableaux non restitués à leurs propriétaires était sans valeur, et la liste incomplète.

En dépit des affirmations du Ministère de la Culture à la fin de l'année dernière qu'une liste complète de 2.000 oeuvres d'art détenues par le Service des Musées Nationaux était dorénavent disponible en ligne, M. Féliciano a dit que seulement 200-300 pouvaient être consultées.

Plus important, poursuivait-il, le Service ne faisait guère mieux que de créer un "écran de fumée" et de stimuler potentiellement le marché de l'art plutôt que d'aider à indentifier les véritables ayant-droit aux oeuvres.

Il a dit que ceux qui savaient qu'eux-mêmes ou leur famille avaient perdu une oeuvre connue pendant la guerre auraient fait des recherches directement et n'avaient pas besoin de l'Internet pour les aider.

D'autres dont les membres de famille avaient été tués et les actes détruits pendant la guerre pouvaient ne pas être au courant de ce qui avait été perdu. Identifier les oeuvres demandait une recherche active et intensive de la part du Service des Musées directement a-t-il ajouté. Ses propres recherches démontraient combien il était difficile d'avoir accès aux archives officielles.

Il a insisté sur l'importance de Paris pendant la guerre comme pôle réunissant aussi bien les oeuvres que les collectionneurs. Il a cité un rapport allemand datant de 1944 listant 25.000 tableaux qui avaient été confisqués officiellement, et a maintenu que beaucoup plus avaient été volés ou achetés de force à bas prix à des Juifs par des soldats individuels.

Quelques unes des critiques, portées initiellement par M. Féliciano dans un livre en 1995, ont été reprises dans un récent rapport de la Cour des Comptes qui n'a pas encore été rendu public, mais qui reproche au Service des Musées de ne pas avoir publié de catalogue exhaustif et d'avoir exposé publiquement toutes les oeuvres confisquées pour la dernière fois en 1954.

Une lettre à ce sujet de Mme Françoise Cachin, Directeur des Musées de France, adressée au Centre Simon Wiesenthal, fait état du fait que le Service n'avait jamais cherché à intégrer les oeuvres en question à ses propres collections, et soulignait que quelque 45.000 des oeuvres détenues par le Service avait été restitués aux familles spoliées en 1949.

Mme Cachin poursuivait; "Si ces quelque 2.000 oeuvres (restantes) n'ont pas trouvé leur propriétaire, c'est que vraisemblablement une grande partie d'entre elles avait été vendue, très légalement, par leur propriétaire aux occupants nazis". Elle poursuivait d'autre part que rien ne prouvait que la totalité d'entre elles aient appartenu ou été volées à des Juifs.

Les propos de M. Féliciano arrivent à un moment où grandit une pression pour approfondir les recherches concernant les biens confisqués en France sous le gouvernement de Vichy, mouvement déclanché en partie par la publication dans un livre l'an dernier qu'un certain nombre des appartements que la Ville de Paris met en vente avait été confisqués à des propriétaires juifs pendant la guerre.

Début février, M. Alain Juppé, Premier Ministre, a nommé à la tête d'un groupe de travail sur la spoliation des biens juifs, M. Jean Mattéoli, Président du Conseil Economique et Social et lui-même déporté pendant la guerre.

Le gouvernement français a également donné son accord à la fin du mois dernier pour un changement dans les termes de distribution de la Commission tripartite sur l'or monétaire créée après la guerre en coopération avec la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Cette modification permettrait la restitution des 5,5 tonnes sous contrôle de la Commission directement aux victimes de l'holocauste non compensées plutôt qu'à des gouvernements nationaux.

Andrew Jack est correspondant du Financial Times à Paris. Il fait parti du conseil éditorial de Culturekiosque.com. 

Back



If you value this page, please tell a friend or join our mailing list.



Copyright 1996-2000 Culturekiosque Publications, Ltd. All rights reserved.