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Par Philippe Broad Paris
- 12 mai 1997
Si vous cherchiez un synonyme pour "produits
de la mer", vous diriez peut-être Le Divellec. A 64 ans, ce
Breton bien-portant aux yeux bleus, tient la barre de son restaurant "bateau"
2 étoiles Michelin, amarré dans la perspective de
l'Esplanade des Invalides à Paris, et vient de racheter son
ancien restaurant de La Rochelle où il débuta sa carrière.
Travailleur infatigable, Le Divellec veille aussi sur deux établissements
en franchise:" Le Sea Grill - Jacques Le Divellec" à
Bruxelles (également 2 étoiles Michelin), et La Cocina
del Mar qu'il a ouvert à Madrid l'an dernier. D'autres projets
de franchises existent mais sont tenus secrets. Son 6e livre, "Le
Régime de la Mer", vient de sortir chez Hachette et son goût
pour les Festivals de la Mer qu'il organise à travers le monde
l'amènera à cuisiner pour les yachtmen de l'America's
Cup en juillet. A l'automne il participera à la création
d'une section hôtelière française à Hanoï
lors de la prochaine réunion annuelle des pays francophones.
Sa fascination pour la mer date de sa plus petite enfance.
Bien que né à Paris, quand il a trois ans, sa famille
part s'intaller à La Rochelle . Les vacances se passent bien
entendu chez les grands parents à l'Ile aux Moines en Bretagne.
Le Divellec se rappelle volontiers ses promenades interminables le
long des plages et des rochers, ou ses parties de pêche avec son
grand père, lui-même marin professionnel. Bientôt,
la mer et ses créatures n'ont plus de secrets pour lui. De
retour à la maison, ce sont sa mère et sa grand'mère
qui font naître sa deuxième passion en cuisinant les
fruits de sa pêche pour le dîner.
Pendant les
trimestres scolaires à La Rochelle, il passe souvent par la criée
sur le chemin de l'école pour voir ce que les pêcheurs
ont pris dans leurs filets. A quinze ans sa décision est prise.
II fait l'Ecole hotelière, suivie de saisons dans différents
établissements où il apprend le travail en brigade. Son
service militaire s'effectue dans la Marine, comme cuisinier. C'est le
départ de bon nombre de grandes carrières : à
bord on aime la bonne table. A terre, il est nommé cuisiner du
Maréchal Juin.
De retour à la vie civile, il
passe deux ans aux Grand Véfour à parfaire ses
connaissances auprès d'un très grand maître,
Raymond Oliver..... jusqu'à ce que la mer lui lance un nouvel
appel.
C'est à 26 ans qu'il ouvre son premier bistrot
sur le port de La Rochelle, Le Chat Noir, en 1958. Quatre ans plus
tard, il gagne sa première étoile Michelin. En 1973 Le
Chat Noir se transforme en hôtel-restaurant moderne et
confortable et devient Le Yachtman.
Ce n'est qu'en 1983,
sous la forte pression de ses amis, qu'il se laisse tenter par la
capitale. Le Yachtman cède la place à Le Divellec. Situé
à quelques pas de l'Assemblée, des Ministères et
de l'Elysée, le restaurant deviendra très rapidement une
des "cantines" les plus chics pour le monde politique, les
diplomates et ceux qui les courtisent.
Ici il est "Chef".
Quand il n'est pas à ses fourneaux, on le trouve dans un
modeste bureau derrière le restaurant où les étagères
croulent sous des livres de toutes sortes sur la mer et ses richesses.
Deux panneaux muraux abondent en photos de clients célèbres,
que ce soit des stars du spectacle ou des personnalités du
monde politique dont les Présidents Mitterrand et Chirac. Le téléphone
sonne constamment avec des demandes pour des manifestations en France
ou à l'étranger. Une assistante harassée nous intérrompt:
"Chef. Que va-t-on faire. Un monsieur vient de réserver
pour la troisième fois cette semaine et on n'a rien changé
à la carte!". "Qu'ils innovent en cuisine", répond
Chef.
Comme tout bon Maître à bord, Le Divellec
sait déléguer. En salle, Madame Le Divellec, discrète
mais omni-présente, assure un service de velours. "En
cuisine, j'ai deux seconds. Pas un----deux!", insiste Le
Divellec. "C'est ce qui me permet de m'échapper". En
trente ans Le Divellec a sillonné le Monde pour explorer les
richesses de ses océans et partager avec d'autres ses propres
connaissances. Un passe-temps préféré, les
Festivals de la Mer. "Pendant deux ou trois semaines, nous
occupons le restaurant d'un palace dans une grande ville du monde, et
nous faisons de la cuisine française à partir de
produits de la pêche locale. Nous avons travaillé
plusieures années de suite avec les Hilton et d'autres dans
tout le pourtour asiatique, ainsi qu'au Canada et aux Etats-Unis. Les
gens adorent ça, et nous apprenons beaucoup aussi", dit Le
Divellec. Quant au temps libre, Le Divellec répond en riant
qu'il le passe au travail, à gérer ses quatre
restaurants et à préparer ses prochains livres. Ses
voyages à Bruxelles, Madrid ou La Rochelle s'effectuent plutôt
le week-end, pour être à Paris les jours de la semaine où
il reçoit ses clients les plus influents. C'est également
en semaine qu'il voit plus facilement ses éditeurs ou auteurs
associés.
Ses livres sont toujours rédigés
en partenariat avec un auteur gastronomique ou un spécialiste
en diététique. "J'écris et je dicte mes
recettes sur mon magnétophone et mon auteur associé
complète certaines recherches et en assure la rédaction.
J'ai écrit mon premier livre, "La Cuisine de la Mer",
avec Céline Vence quand j'étais encore à La
Rochelle. Céline est un des meilleurs écrivains en
France sur la gastronomie. Elle est draconienne quant aux détails.
C'est devenu un livre pédagogique pour toutes les écoles
hotelières et de cuisine". Publié en France chez
Robert Laffont en 1981, le livre fut tiré à 40.000
exemplaires au Japon en 1983 au moment de l'ouverture du restaurant à
Paris. La clientèle nippone ne désemplit pas depuis. Le
dernier livre, " Le Régime de la Mer" est un projet
qui a muri pendant plusieures années. Rédigé en
commun avec Yvette Pécau, Docteur en Pharmacie et biologiste-diététicienne,
ce livre propose 180 recettes pour tous les goûts, depuis le
Consommé aux têtes de cabillaud à 40 kcal jusqu'à
l'Ailloli à 595 kcal la portion. Les fanas de livres de cuisine
et les préoccupés de leur silhouette y trouveront leur
compte. Prix TTC: 95F.
Même si un repas chez Le
Divellec n'est pas à la portée de tous sur un plan
quotidien, l'homme lui-même a su garder toute la simplicité
de ses découvertes d'enfance. Lors d'un déjeuner de
travail entre amis vous vous verrez servir plutôt une fricassée
de coques et de clams avec des pâtes que du homard. Ses livres
reflètent bien cet état d'esprit avec des recettes pour
toutes les bourses.
En partant, j'ai demandé à
Le Divellec comment il voyait sa contribution personnelle à la
cuisine de la mer:
"Mettre en valeur la cuisine de la
mer, donc ses produits, et de les défendre. Je suis très
critique sur tout ce qui peut se passer. Par exemple, l'aquaculture ne
doit pas se mélanger au groupe sauvage. Les produits doivent être
de la plus grande fraîcheur. Pour cela on ne peut tolérer
que deux types de pêche - la pêche côtière où
le poisson est consommé au plus 48 heures après avoir été
pêché, et la grande pêche ou le produit est surgélé
dès sa sortie de l'eau. Il faut également enseigner la
multitude des espèces. Au tour de l'héxagone il y a 300
espèces comestibles - nous n'en mangeons qu'une vigntaine. Ce
sera le sujet d'un livre en préparation, "De la Piballe à
la Baleine", qui décrit les différentes espèces
dans les eaux proches d'une quarantaine de nos ports. Mon prochain
livre, "Le Poisson en Majuscule" - 280 recettes avec 130
photos - sort en octobre chez Solar, et à partir de juillet je
commence à publier mes recettes sur l'Internet.....
Nous avons été coupés par un autre appel de l'étranger.
Le Divellec "La Cuisine de la Mer"
107, rue de l'Université 75007 Paris. Tel : 33 (01) 45 51
96 96 Fax : 33 (01) 45 51 31 75 E-mail :
ledivellec@relaischateaux.fr
Clientèle :
Business, Politique, Spectacle, Internationale Cartes acceptées
: Visa, Amex, JCB, Eurocard-Mastercard, Diners Menus : Frs 290 -
Frs 390 s.c. (déjeuner seulement) Carte : Frs 550 - Frs
700 s.c. Les chiens ne sont pas admis Fermeture
hebdomadaire: dimanche et lundi Fermeture annuelle: du 24 décembre
au 3 janvier |
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