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Nuits
Etoilées au Palais Garnier: |
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Par Patricia Boccadoro
En
première partie, le poétique et fluide Emeraudes
est construit sur des extraits de Pelléas et Mélisande
de Gabriel Fauré. Balanchine y évoque la France, berceau
de la danse romantique, où il travailla avec les Ballets Russes
de Diaghilev après son départ quasi forcé de
Russie, ses pièces ayant été jugées
insuffisamment conventionnelles et trop audacieuses. Rubis, chorégraphié sur le Capriccio pour piano et orchestre de Stravinsky est un ballet vif et pétillant, probablement le plus complet des trois. Déjà au répertoire de l'Opéra de Paris sous le nom de Capriccio, c'est un divertissement où Balanchine a, selon ses propres mots, "simplement suivi la musique".
La troupe se rit des difficultés techniques de la chorégraphie. Déhanchements jazzy, pirouettes étourdissantes sur les talons, scène d'aviron, jeu avec une corde a sauter imaginaire, c'est toute la nonchalante spontanéité de l'Amérique si chère à Balanchine depuis les comédies musicales auxquelles il contribua dés son arrivée. Une bouffée de soleil, même si Marie-Agnès Gillot, avec sa silhouette idéale, eut du mal à se joindre à la fête. La performance athlétique n'a rien à voir avec Balanchine. Un murmure d'admiration parcourt l'audience à la levée du rideau de Diamants, tant la scène est magnifique. Aucun risque n'a été pris dans le choix des danseuses, toutes plus belles les unes que les autres, immobiles dans leurs tutus blancs incrustés de diamants et de cristaux. Lacroix insiste sur son intervention comme "re-créateur"; il a saisi l'esprit de l'uvre tout en restant fidèle à Karinska, le costumier de Balanchine. Il apporte néanmoins, avec ses tutus enluminés de dentelles argentées, un "je ne sais quoi" typiquement français.
Agnès Letestu, qui entre en scène telle un frisson de lumière a toutes les qualités chères à Balanchine: musicalité, forte personnalité, des pieds exquis, et une technique en acier. Ethérée, mais avec la grâce, la précision, et la rapidité nécessaires, elle a, en José Martinez, le partenaire idéal. Il la soutient du bout des doigts. Un vrai chevalier servant Balanchinien. Ensemble, ils évoquent Le Lac de Cygnes et les splendeurs du Ballet Impérial de Saint-Petersbourg dans un chatoiement d'élégance classique. Paul Connelly dirige l'Orchestre Colonne avec sensibilité et respect pour la musique et les danseurs. C'est sa première apparition à l'Opéra de Paris et sans doute pas la dernière. *Tamara Geva, Vera Zorina, Maria Tallchief, Tanaquil LeClercq. ** · **"Joyaux" a été dansé pour la première fois à Paris par le New York City Ballet en 1976, et à Londres par le Kirov en Septembre 1999, la seule autre compagnie "étrangère" à avoir dansé l'intégrale de ce ballet sans livret.. Patricia Boccadoro écrit sur la danse en Europe. Elle collabore au Guardian, à l' Observer et au Dancing Times de Londres. Patricia Boccadoro est chef de la rubrique Danse au Culturekiosque.com. |
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