KlassikNet: 101 Best Classical CDs
Share this:   On Facebook      •    You are in:  Home > KlassikNet: Classical Music > 101 Best Classical CDs (English): Special Feature   •  Archives

LE ROMANTISME EN FRANCE ET EN ESPAGNE

BERLIOZ, CHOPIN, LISZT, GOUNOD, BIZET, SAINT-SAENS, FAURE, ALBENIZ

BERLIOZ (1803-1869): La Damnation de Faust
Nicolai Gedda, Josephine Veasey, Jules Bastin
London Symphony Orchestra and Chorus
Sir Colin Davis, direction
Philips

Ni opéra ni oratorio, La Damnation de Faust est une "légende dramatique" que les maisons d'opéra ont une peur bleue de mettre en scène. Cette ouvrage inclassable est peut-être le plus ambitieux d'Hector Berlioz. Sir Colin Davis, qui a défendu Berlioz plus que n'importe quel autre chef, a su en saisir deux composantes essentielles: invention visuelle déjà cinématographique et réflexion métaphysique. Si le mythe de Faust vous barbe, rabattez-vous sur Roméo et Juliette, oeuvre torride encore plus inclassable, avec Seiji Ozawa dirigeant l'Orchestre Symphonique de Boston (Deutsche Grammophon).

BERLIOZ (1803-1869): Symphonie Fantastique
Baltimore Symphony Orchestra
David Zinman, direction
Telarc

Créée à Paris le 5 décembre 1830, six ans seulement après la Neuvième de Beethoven, la "Fantastique" est l'une des symphonies les mieux servies par le disque. Après les références que sont Beecham/Orchestre National de l'ORTF (EMI), Markevitch/Orchestre des Concerts Lamoureux (Deutsche Grammophon) ou Davis/Concertgebouw d'Amsterdam (Philips) l'américain David Zinman et l'orchestre de Baltimore ont récemment créé la surprise. Au lieu de nous assommer … coups de grosse caisse comme tant de ses confrères, Zinman allège cette musique qui devient pur cristal.

CHOPIN (1810-1849): 19 Nocturnes - 24 Préludes op.28
Samson François, piano
EMI

Les Nocturnes et les Préludes sont deux cycles fondamentaux dans l'oeuvre de Chopin. Les pièces qui les composent sont d'une concision et d'une densité extrême. Ils forment un monde à part, que d'immenses pianistes comme Rudolph Serkin ou Alfred Brendel ont préféré éviter. Narrateur fabuleux, célèbre pour son jeu trés jazzy, le français Samson François (1924-1970) en souligne le côté trouble et fantasmatique.

CHOPIN (1810-1849): Recital (Mazurkas, Ballade n°1, Prélude op.45, Scherzo n°2)
Arturo Benedetti Michelangeli, piano
Deutsche Grammophon

Cet album a fait le tour du monde. Arturo Benedetti Michelangeli (1920-1995), que le chef d'orchestre roumain Sergiu Celibidache tenait pour le plus grand musicien vivant, impose le Chopin le plus élégant et viril qui soit.

CHOPIN (1810-1849): Sonates pour piano n°2 & 3 - Barcarolle
Vlado Perlemuter, piano
Nimbus

Des légions de pianistes se sont cassé les dents sur ces oeuvres redoutables. Pianiste français né en Pologne en 1904, Vlado Perlemuter a su en percer tous les secrets. Son approche "pure et dure" met à nu les lignes de force de ce Chopin sans concession. La Marche funèbre de la deuxième sonate, si souvent jouée avec grandiloquence, possède une noblesse d'accents, une beauté farouche qui est la marque des plus grands.

LISZT (1811-1886): Sonate en si mineur - Concertos pour piano n°1 & 2
Sviatoslav Richter, piano
London Symphony Orchestra
Kirill Kondrachine, direction
Philips

Oeuvre-symbole du Romantisme au même titre que la Fantaisie de Schumann, la Sonate en si mineur de Liszt se distingue par son dramatisme extravagant. Il y faut un pianiste qui pense et qui "déménage". L'interprétation torrentielle de Sviatoslav Richter est parfaitement gothique. Les deux concertos, dirigés par Kirill Kondrachine, frisent la perfection.

LISZT (1811-1886): 12 Etudes d'exécution transcendante
Georges Cziffra, piano
EMI

Les Douze Etudes d'exécution transcendante de Liszt eurent sur le piano un effet comparable au Pentium sur le PC. D'une terrifiante difficulté, elles propulsèrent la technique pianistique vers le 20ème siècle. La version renversante du Hongrois Georges Cziffra (1921-1994), qui à 5 ans était "exhibé" dans des cirques, a découragé des générations de pianistes.

GOUNOD (1818-1893): Faust
Richard Leech, Cheryl Studer, Jos‚ van Dam, Thomas Hampson
Orchestre du Capitole de Toulouse
Michel Plasson, direction
EMI

Faust de Gounod est l'opéra français le plus célèbre aprés Carmen. Franchouillard en diable, Faust est surtout l'opéra de Grand Papa, avec ballet de jolies filles obligé pour satisfaire aristocrates, banquiers et industriels de la Troisième République. La version de Michel Plasson, dominée par le Méphisto de José van Dam, n'aurait jamais pu voir le jour sans trois Américains au Français impeccable (Richard Leech, Cheryl Studer et Thomas Hampson). La référence, et pour longtemps.

BIZET (1838-1875): Carmen
Teresa Berganza, Placido Domingo, Sherrill Milnes, Ileana Cotrubas
Ambrosian Chorus
London Symphony Orchestra
Claudio Abbado, direction
Deutsche Grammophon

Carmen est l'opéra le plus joué à travers le monde. Certains n'entendent dans cette oeuvre étincelante qu'espagnolades et ritournelles d'opérette. Quelle erreur! Nietzsche, par exemple, plaçait Carmen plus haut que n'importe quel opéra de Wagner et ce n'est pas un hasard si la majorité des compositeurs de l'époque (Wagner en tête!) enviaient le génie musical et dramatique de Georges Bizet. Trois versions dominent la discographie de Carmen: de los Angeles/Beecham (EMI), Troyanos/Solti (Decca) et Berganza/Abbado (Deutsche Grammophon). Cette dernière s'impose d'une courte tête par sa justesse stylistique, la direction fougueuse d'Abbado et la Carmen de grande classe de Teresa Berganza.

SAINT-SAENS (1835-1921): Havanaise - Introduction & Rondo Capriccioso (+ Wieniawski, Vieuxtemps & Sarasate)
Jascha Heifetz, violon
London Philharmonic Orchestra
John Barbirolli, direction
EMI

Jascha Heifetz (1899 ou 1901?-1987) fut-il le plus grand violoniste du 20ème siècle? Nombre de violonistes l'affirment. D'autres, tout aussi nombreux, admettent mal - ils ont probablement raison - qu'on le classe au-dessus de Fritz Kreisler, David O‹strakh, Nathan Milstein, Henryk Szeryng, Yehudi Menuhin, Zino Francescatti, Leonid Kogan ou Isaac Stern. Une chose est sûre néanmoins: Personne n'a joué de violon avec autant de brio. Ce qui fit dire … certains mauvais esprits que Heifetz était imbattable... dans la musique de deuxième zone. Cet album publié en série "Références", l'excellente collection historique d'EMI, nous le fait entendre dans des oeuvres virtuoses et même un brin complaisantes. Le verdict est clair: Qui n'a pas entendu Heifetz jouer Introduction et rondo capriccioso n'a rien entendu. Que cela ne vous dispense surtout pas d'aller l'entendre dans Bach, Mozart, Brahms ou Beethoven.

FAURE (1845-1924): Requiem - Messe Basse - Elégie
Alain Clément, Philippe Huttenlocher
Maîtrise Saint-Pierre-aux-Liens
Orchestre Symphonique de Berne
Michel Corboz, direction
Erato

A l'inverse du dantesque Requiem de Verdi, le Requiem de Fauré est paisible et rassurant. Bien que baignée de lumière cette oeuvre d'une désarmante beauté ne supporte pas d'être traitée de façon mièvre et doucereuse. Un piège que Michel Corboz est l'un des seuls à éviter.

ALBENIZ (1860-1909): Iberia
Alicia de Larrocha, piano
EMI

Iberia, série de douze pièces pour piano, est un chef-d'oeuvre encore mal connu. Composé entre 1905 et 1908, ce cycle exalte l'Espagne dans ce qu'elle a de plus sauvage et impénétrable: les chants et danses arabo-andalous dont est issu le flamenco; les parfums et couleurs de Séville ou Malaga; le poids de traditions et croyances ancestrales (tauromachie, processions religieuses, rites gitans...). Sans Artur Rubinstein, la grande pianiste Alicia de Larrocha serait probablement inconnue des mélomanes. Ayant découvert son immense talent à l'occasion d'un séjour en Espagne, Rubinstein aida cette artiste à démarrer une seconde carrière. Récemment réédité par EMI, son premier enregistrement d'Iberia exhale le duende le plus dévorant.



If you value this page, please tell a friend or join our mailing list.



Copyright © 1996 - 2001 Culturekiosque Publications, Ltd. All rights reserved.