LE POST-ROMANTISME
(ELGAR, MAHLER, STRAUSS, SIBELIUS, SCRIABINE, RACHMANINOV)
ELGAR (1857-1934): Variations Enigma - Concerto
pour violoncelle*
Heinrich Schiff, violoncelle*
London Symphony
Orchestra
Staatskapelle Dresden*
Sir Colin Davis, Sir Neville
Marriner*, direction
Philips
Comme l'oeuvre de Rudyard Kipling (1865-1936), la musique d'Edward Elgar exalte la puissance, la gloire et les valeurs de la Vieille Angleterre. Marquées par l'esthétique post-romantique, les oeuvres réunies sur cet album expriment avec une sincérité poignante l'inéluctable déclin de l'Empire britannique. Si l'atmosphère languide et nostalgique des récents films de James Ivory (Retour Howards End, Les Vestiges du jour) vous a touché, ce disque est pour vous.
MAHLER (1860-1911): Symphonie nø2 "Résurrection"
Sylvia McNair, Jard van Nes
Ernst-Senff Chor
Berliner
Philharmoniker
Bernard Haitink, direction
Philips
La Résurrection, avec son côté "debout les morts!", est l'oeuvre la plus catholique du compositeur juif Gustav Mahler. Elle compte plusieurs trés grandes versions: Walter/Sony Classical, Klemperer/EMI, Bernstein/DG. Celle que Bernard Haitink vient de réaliser avec le Philharmonique de Berlin cloue sur place. Amateurs de Hi-Fi, vous en aurez pour votre argent. Prévenez quand même vos voisins.
MAHLER (1860-1911): Symphonie n°6 (+
Strauss: Métamorphoses)
New Philharmonia Orchestra
Sir
John Barbirolli, direction
EMI
Achevée en 1904, la Sixième de Mahler annonce, par ses bruits de bottes et ses sonneries guerrières, la boucherie de 14-18. L'enregistrement de Sir John Barbirolli (1899-1970), vous offre à la fois l'enfer de Verdun et l'Apocalypse de l'Empire Austro-Hongrois. Là encore, prévenez vos voisins.
R. STRAUSS (1864-1949): Don Juan - Till l'espiègle
- Une Vie de héros - Ainsi parlait Zarathoustra - Mort et
transfiguration - Valses du Chevalier
la Rose.
Staatskapelle
Dresden
Rudolf Kempe, direction
EMI
La musique orchestrale de Richard Strauss est un étonnant mélange de Mozart et de Wagner. Très fort! D'une élégance tonitruante, son succès fut (et reste) énorme. Sans elle, la musique hollywoodienne n'existerait pas. Orchestre straussien par excellence, la Staatskapelle de Dresde réinvente, sous la direction au laser de Rudolf Kempe, la musique "grand écran". La référence!
R. STRAUSS (1864-1949): Quatre derniers lieder
- Lieder pour soprano et orchestre
Elisabeth Schwarzkopf, soprano
Orchestre Symphonique de la Radio de Berlin
George Szell, direction
EMI
Strauss fut le dernier des Romantiques. Composés en 1948, créés Londres en 1950 par Kirsten Flagstad et Wilhelm Furtwängler, les Quatre derniers lieder sont le testament de Strauss et marquent la fin d'un monde. La soprano allemande Elisabeth Schwarzkopf, qui fut soupçonnée de sympaties nazies pendant la guerre, était en phase totale avec cette musique planante, étrangement hors de son temps.
SIBELIUS (1865-1957): Symphonies n°1 &
7
Orchestre Philharmonique de Dresde
Carl von Garaguly,
direction
Berlin Classics
La musique de Jean Sibelius est l'une des plus visuelles qui soient. Elle trace d'aveuglantes lignes d'horizon et frappe par sa puissance fauve. Ce document récemment réédité en série super-économique, réunit la première et la dernière symphonie du compositeur finlandais qui, pour des raisons obscures, détruisit le manuscrit de la Huitième. Il s'agit du plus stupéfiant disque Sibelius jamais publié.
SCRIABINE (1872-1915): Sonate-Fantaisie n°2
- 24 Préludes - Poème Satanique - 3
Etudes op.65 -
Sonate n°10
Kun Woo Paik, piano
Dante
Oeuvre d'un cerveau illuminé, obsédé par la magie noire, la musique d'Alexandre Scriabine (1872-1915) sent le soufre. Son propre gendre Vladimir Sofronitzky, héroïnomane notoire, et Vladimir Horowitz, autre dérangé, s'étaient appropriés son oeuvre pour piano. Aussi "stupéfiant" que ses deux illustres devanciers, le coréen Kun Woo Paik joue aujourd'hui la carte Zen.
RACHMANINOV (1873-1943): Concertos pour piano n°2
& 3*
Byron Janis, piano
Minneapolis Symphony Orchestra,
London Symphony Orchestra*
Antal Dorati, direction
Mercury/Philips
Serge Rachmaninov est un cas: Ce "grand seigneur" sévère et réservé, écrivait une musique d'une impudique sensualité. Tout le monde adore, même ceux qui prétendent vomir son côté sirupeux. A la fois épiques et langoureux, les Deuxième et Troisième concertos sont des oeuvres piéges, surtout le Troisième, qui exige une technique et un panache phénoménaux. Avec Vladimir Horowitz (dont il fut le seul élève) Byron Janis fut l'un des rares pianistes capables à les faire vivre de l'intérieur.
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