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5. Le premier discours à caractère moral (d'un candidat)

Par Harold Hyman

PARIS, 24 OCTOBRE 2008 - Les discours marquants des candidats sont plus rares que ne le voudraient les candidats. Chacun cherche une thématique qui résonne, et chacun a l'occasion de faire plusieurs discours qui dépasse le simple format d'un rassemblement électoral. Dans l'ordre, il y a le discours d'annonce de la candidature officielle. Puis il y a le discours qui couronne la candidature remportée, puis enfin le discours devant la convention du parti. Les trois sont teinté d'une qualité morale.

Le discours moral le plus ancré dans l'histoire américaine de la seconde moitié du 20e siècle est celui prononcé par un personnage relativement oublié: Barry Goldwater. Le Sénateur de l'Arizona, républicain ultra-conservateur, était en concurrence, à la Convention républicaine de 1964, avec le chef de file de la faction modérée menée par Nelson Rockefeller.

En ce temps-là les délégués choisissaient véritablement le candidat au cours d'une longue lutte d'influence dans la convention elle-même. Rockefeller venait de prendre le micro pour mettre son parti en garde contre la faction extrémiste de Goldwater - en réalité, ce dernier jouissait déjà d'une majorité relative. Cet ultra-conservateur jugea cependant utile de prononcer les deux phrases du siècle: "I would remind you that extremism in the defense of liberty is no vice. And let me remind you also that moderation in the pursuit of justice is no virtue." («Je vous ferais remarquer que l'extrémisme dans la défense de la liberté n'en point un vice. Et je ferais également remarquer que la modération dans la poursuite de la justice n'est point une vertu ».

Cette réplique du Sénateur de l'Arizona était-elle nécessaire pour sa nomination, et n'a-t-elle pas gâché ses chances de mobiliser les républicains modérés? Il perdit lamentablement contre Lyndon Johnson, ne remportant la majorité que dans 5 États.

Ni John McCain, ni Barack Obama, n'ont véritablement dépassé le filtre de l'histoire dans leurs discours de campagne, sauf à considérer le discours du Sénateur Barack Obama sur les Relations raciales, prononcés au Liberty Hall de Philadelphie le 18 mars 2008. Si la teneur de ce discours a largement plu par sa franchise, la phrase que retiendra l'histoire est ambigüe, voire désobligeante.

En parlant de la dette morale, et de l'amour, que lui inspirait sa grandmère, il lâcha : «... cette femme qui m'a en partie élevée, qui a fait d'innombrables sacrifices pour moi, qui m'aime autant qu'on peut aimer dans ce monde, mais une femme qui m'a confessé un jour sa peur des hommes noirs qu'elle croisait dans la rue, et qui plus d'une fois à prononcer des stéréotypes raciaux ou ethniques qui m'ont retourné. »

Pour être juste envers le Sénateur Barack Obama, il serait possible de considérer son discours de référence (« keynote speech ») de la Convention démocrate de 2004 comme son entrée dans l'histoire oratoire, mais qui se souvient précisément des phrases qu'il a prononcées à l'époque?

Harold Hyman, journaliste franco-américain basé à Paris, s'intéresse à la diplomatie culturelle. Il a travaillé pour RFI, Courrier International, Radio Classique (rédaction économique). Il est actuellement spécialiste des questions de diplomatie et de politique américaine à BFM TV.

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